Le nouveau capitalisme

photo Le nouveau capitalisme

Le capitalisme inclusif est un nouveau système de mesure pour aider les entreprises à restaurer la confiance de la société d'aujourd'hui et est conçu pour aider la société à comprendre la valeur des activités commerciales socialement responsables. Durant l'année dernière, les chefs d'entreprise ont souvent parlé d'un nouveau sens de responsabilité morale des entreprises qui se doivent d'aider leurs communautés locales et de relever les défis sociaux.

Depuis la fin de 2016, le monde est devenu plus incertain, les électeurs n'ayant cessé d'exprimer leurs préoccupations et leurs frustrations sur un certain nombre de sujets, notamment sur l'économie mondiale, sur les atteintes à la vie privée et aux données, ou à la croissance du nombre de fusillades. L'une des questions qui semble être au cœur des discussions est la façon dont les entreprises technologiques continuent de s'enrichir. La technologie continue de jouer un rôle énorme dans la vie des gens, et on peut soutenir qu'elle s'accompagne d'aspects positifs et négatifs. Tous ces facteurs ont eu des répercussions sur la confiance du public dans les grandes institutions, en particulier dans le monde des affaires, qui est au plus bas.


Quelle est la solution ?

Il est crucial de restaurer cette confiance, c'est pourquoi il y a un nouveau système qui gagne en popularité parmi les chefs d'entreprise : le capitalisme inclusif. C'est une idée aussi simple que convaincante. C'est le concept qu'une entreprise ne doit pas seulement faire des profits, mais aussi créer de la valeur qui atteint leurs communautés.

YouTube, Facebook et Twitter ont tous une section conçue pour mettre en valeur l'information la plus pertinente et la plus digne d'intérêt à partir d'une vaste mer de contenu. Mais à maintes reprises, ils n'ont pas réussi à stopper correctement les informations non légitimes (les fake news). 

En février 2018, l'acteur Jim Carrey a tweetté qu'il quittait Facebook, revendait ses actions et encourageait d'autres investisseurs à faire de même, en raison du fait que la société profitait de l'ingérence russe pendant les élections américaines de 2016. "Nous devons encourager les créateurs de ces plateformes de réseaux sociaux à exercer une plus grande surveillance ", a déclaré M. Carrey à CNBC dans un communiqué. "Ces plateformes doivent être gérées de manière plus responsable. Ce dont nous avons besoin maintenant, ce sont des investisseurs activistes pour faire passer le message qu'une surveillance responsable est nécessaire. Ce dont le monde a besoin maintenant, c'est du capitalisme avec une conscience."


Une semaine plus tôt, le PDG de Blackrock, une société de gestion d'actifs de 6,3 billions de dollars, a envoyé une lettre d'avertissement aux PDG d'entreprises du monde entier : Commencez à tenir compte de l'impact sociétal de vos entreprises, sinon vous risquez de décevoir le plus grand gestionnaire d'actifs au monde.

"La société exige que les entreprises, tant publiques que privées, servent un but social ", a écrit Larry Fink à propos de Blackrock. "Pour prospérer au fil du temps, chaque entreprise doit non seulement fournir un rendement financier, mais aussi montrer comment elle apporte une contribution positive à la société. Les entreprises doivent être bénéfiques à toutes les échelles et envers tous, y compris envers les actionnaires, les employés, les clients et les communautés dans lesquelles elles opèrent".


Que devraient faire les entreprises ?

Dans le cas récent sur la réglementation de la vente d'armes à feu semi-automatiques, Andrew Ross Sorkin, chroniqueur du New York Time, a posé la question suivante : Les sociétés publiques et privées (les banques en l'occurrence) ont-elles l'obligation morale ou la responsabilité d'intervenir et d'adopter une position morale sur une question, risquant de provoquer des réactions négatives ou un boycott de leurs clients, même lorsque les politiciens n'ont pas encore modifié les lois ?

L'ancien PDG de Walmart, Bill Simon, pense que non. Il croit que les ventes d'armes à feu devraient être réglementées par les législateurs des États et du gouvernement fédéral, et non par les détaillants. Et, dit-il, "les PDG devraient parler de ces questions, mais peut-être pas prendre parti". D'autres ne sont pas d'accord : trois grandes sociétés de location de voitures, National Car Rental, Enterprise et Alamo ont récemment décidé de mettre fin à leurs relations avec la NRA. Pour toutes les entreprises, le capitalisme inclusif est guidé par l'idée que nous avons un rôle crucial à jouer dans la construction d'une société plus prospère, visant la création de valeur à long terme et la performance financière au lieu d'un profit à court terme des actionnaires.

Un autre sujet qui est souvent mentionné est que même lorsqu'une entreprise prend des mesures pour créer de la valeur à long terme pour ses actionnaires, il peut être difficile de démontrer ou de mesurer facilement comment elle profite réellement à l'entreprise. Dans un monde où les pressions à court terme sont si nombreuses, il peut être difficile de justifier ces actions auprès des capital-risqueurs et des investisseurs, créant ainsi un autre obstacle qui freine le progrès de la société dans son ensemble.


Comment le capitalisme inclusif peut-il renforcer la société ?

Weinberger de Ernst & Young a remarqué que la confiance dans les entreprises, les institutions financières et la société dans son ensemble n'a jamais été aussi faible et que s'ils espèrent faire des progrès, ils doivent s'attaquer au cœur de ces problèmes. "Nous croyons que nous pouvons aider en travaillant avec la Coalition pour le Capitalisme iInclusif pour rassembler divers intervenants afin de créer un système qui est un modèle cohérent pour la façon dont les entreprises peuvent mesurer et rapporter la valeur à long terme qu'elles créent ", dit-il. "Un tel sytème peut compléter l'information financière actuellement disponible. Ce ne sera pas facile, et même si nous ne parviendrons pas à trouver une solution applicable à toutes les entreprises, en essayant, nous ferons avancer ce dialogue important, qui constituera un progrès précieux".

Ce sont là de nobles objectifs qui ne seront pas seulement une aubaine pour les entreprises, mais qui profiteront aussi à l'ensemble de la société. En théorie, les entreprises seront en mesure de croître et de créer des emplois de manière plus durable, tout en aidant les gens à entrer dans de nouveaux domaines, à accepter de nouveaux emplois et à s'intégrer à l'économie mondiale d'une manière que nous n'avons pas encore imaginée. Il s'agit d'une première étape pour les sociétés privées afin de commencer à regagner la confiance du public. L'innovation, l'automatisation et la mondialisation ne vont pas ralentir. Par conséquent, les entreprises doivent faire tout ce qu'elles peuvent pour s'assurer que les gens sont prêts à réussir dans un monde en transformation constante.